Cher Hanoï

Six heures du matin, Hanoï s’éveille. Les petit restaurants de Pho (soupe qui accompagne le quotidien de chacun) installent leurs petites chaises de plastiques, les bouillons fument dans la ruelle du vieux cartier. Plusieurs partent vers le parc qui entourre le lac d’Ho Huan Kiem pour y faire leur exercices matinaux. On fait déjà jouer de la musique pour tous les passants et nous,  chanceux de l’hôtel en face. Pas le choix, de toute façon notre déjeuner est servi dès sept heures et les tardifs n’ont droit qu’aux restes des lèves-tôt. Mon père est gardé et ensuite transféré à l’hopital français de Hanoï pour quelques jours, histoire de le remettre sur le« piton ». Attendant son retour à l’hôtel, nous passons nos journées à visiter la ville et rendre visite à mon père qui ne manque pas de faire rigoler tout le personnel infirmier. Son médecin, un vietnamien qui parle très bien français et anglais, nous assure que tout ira mieux, qu’il ne faudra que du repos afin de reprendre des forces pour son retour en avion au pays. Mon père, lui, n’écoute pas. Il n’y a qu’une chose qui l’importe: une crème glacee Häagen-Dazs! Je dois t’avouer mon cher père, tu nous demandais la lune: nous n’en avons encore pas trouver en ce coin de l’Asie après quatre semaines de voyage. Qui sait les cambodgiens ont-ils eût l’idée d’en importer…

Hanoï est magnifique. Il fait chaud, mais c’est pareil dans tout le pays. La seule chose qui lui manque c’est un accès à la mer pour se baigner l’après midi. Il y a plein de chose à faire, à voir et à manger. De «la vache qui rit» du dépanneur aux rouleaux de printemps frits du New Day, en passant par les succulants mets vegetariens du Tamarind et les Pringles aux algues, ici on mange comme des rois. Bien sûr, dans les règles de l’art… un soir, au restaurant 69, moi et ma mère attendions nos plats. La serveuse m’en amène un que je n’avais pas commandé, j’y plonge ma cuillère, mais me rends vite compte de l’erreure. Elle repart donc avec le bol de soupe. J’entame alors mon riz: surprise une charmante cocquerelle a le dos collé dans ma cuillère et s’agite de peur en voyant mon sourire en coin…j’ai bien fait de ne pas avoir goûté au bouillon du Pho au cafard! Ce n’est pas tout, au départ de mes parents nous retournons au restaurant New Day, un peu plus local, un peu moins propre, mais excellent et bon marché. Je lève les yeux au plafond…un rat a le derrière qui pend d’un trou ( il doit avoir trébucher le pauvre) et tente éperdument de regagner le plafond, ni vu ni connu, avant qu’un serveur ne le repère. Plusieurs sourient. Les murs doivent être un de ces mondes à part où souris et rats vivent en communautés, parlent et cuisinent des gâteaux au chocolat le dimanche.

Retournons à notre Hanoi plus mystique. Les temples. Il y en a partout dans la ville, certains sont des sites plus officielles pour les touristes et d’autres sont des temples de cartiers proposants souvent quelques activités. Un jour, moi et Jean-simon on achète au hazard trois billets pour un spectacle donné à deux coins de rue de l’hôtel. Pourquoi pas. Musique traditionnelle vietnamienne dans un temple du cartier, ma mère va aimer! Le petit concert s’annonça des plus intérressant. Nous étions à peine quinze dans l’assistance. On eut droit à la musique traditionnelle, le Ca Tru, qui était joué il y de cela plusieurs siècles dans les assemblées et réunions de familles de la noblesse.

Ce vieil art, réintroduit et sauvegarder dans le nord par le biais de l’Unesco et du gouvernement après la guerre, n’est pas des plus simple. La chanteuse chante des poèmes aux notes très complexes et tappe en même temps à l’aide de trois baguettes sur un tapis de bois. Elle doit faire preuve de rythme et de justesse lors de sa prestation. Elle est, en général, accompagnée de quelqu’un qui joue du luth vietnamien et d’un percussionniste, marquant le rythme et indicant les erreures de la chanteuse. À l’époque, l’audience participait aussi au spectacle en venant frapper un vase disposé au devant de la scène. C’est avec ces sons et ceux du percussionniste que la chanteuse s’ajustait et se faisait féliciter. À l’entracte, on eut droit à une démonstration de la prise du thé rituelle qui était autrefois une pratique secrète réservée aux moines et dirigeants spirituels. Malheureusement, cette coutume s’est perdue dans le Vietnam moderne. À Hanoï aujourd’hui, il ne reste que deux commerçants du vrai thé vietnamien, dont le français passionné qui nous a fait la belle démonstration. Le marché est malheureusement aujourd’hui dirigé par Lipton et son goût internationnal…

Une semaine bien remplie avec ma mère pour nous changer les idées et profiter tout de même de ce temps précieux dans la ville. Nous avons donc visiter le Musée Ethnographique avec son exposition permanente et ces jardins où ont été reconstruites grandeur nature plus de six types de maison du Vietnam traditionnel. Le temple de la littérature (Van Mieu) nous a aussi beaucoup plu. Consacré à Confucius et à bon nombre d’érudits, ce fut la première université du pays. Les jardins sont magnifiques et le temple principal sublime. Il est toujours appaisant d’entrer dans un temple, de retirer ses souliers et de contempler les différents hôtels entourés de statues mythiques, le tout dans ce parfum d’encens qui fait voyager.Tout comme en Amérique Latine, tout peut servir d’offrande: faux billets de cent dollars américains, boîte de biscuits, cannettes de coke, fruits, etc. Et il y a toujours ce chanceux qui ramasse le tout pour éviter les éboulements qui semble bien content de sa récolte. Qui mange les offrandes, tout ces beaux fruits et ces bons biscuits?

Nous avions dû annuler notre tour dans la région de Sapa dans les montagnes, mais nous pouvions encore faire un petit tour d’une journée à la pagode des parfums sitiuée à une heure de la ville. Un petit bateau nous mena le long de la riviere Day jusqu’au pied de la montagne Huong. Nous avons alors visité la pagode Thien Tru et Giai Oan qui se trouve à quelques marches de la berge. Ce fût de loin un des plus beaus complexes religieux que nous vîmes au Vietnam. Un repas nous fut servit. Derrière le hangard où se trouvaient les toilettes, se trouvaient aussi, cachées, des cages remplies de jeunes bergers allemands. Ils étaient entasssés comme de la volaille ce qui nous permis d’en conclure que la viande de chien se retrouve encore dans les assiettes au Vietnam.

Un télépherique conduit tout les touristes en haut vers la grande caverne Huong Tich pour la dernière visite de la journée. Sur le chemin… horreur! Un homme vend de magnifiques lézards à crêtes dans de minuscules bouteilles de plastique. Jean-Simon fait part de son mécontentement à l’homme et à notre sortie de la grotte nous achetons les deux reptiles pour dix dollars. L’homme nous suit sur plusieurs mètres, esperant qu’on les relâche non loin pour qu’il puisse les capturer à nouveau. Oh non monsieur! On redescendit les milliers de marches pour les laisser vers la fin du parcours dans le boisé…ce n’est pas le premier spectacle d’inocentrie dont nous sommes témoins…c’est tout de même frustrant.

La fin approchait, ma mère était malgré tout très contente de son voyage au Vietnam. Mon père lui avait apprécié du balcon la cacophonie hanoïenne et la symphonie de scooter. Le personnel du Golden Wings avaient été parfait. Le porpriétaire et son associé étaient venus deux fois le voir à l’hopital, nous donnant des cadeaux. Le monsieur du déjeuner chaque matin nous souriait avec ses yeux disant: « si seulement je parlais anglais, j’aurais tellement de chose à dire»! Quyen le gars à tout faire ne manquait pas de frotter la bedaine de Buddha. Phuong, Ha, madame Thuy, la jeune femme de ménage qui a de la misère à faire les comptes du frigidaire …une belle équipe qui a vraiment fait de ce séjour un moment spécial. L’idée de repartir et de faire trente heures de voyage ne plaisait ni à ma mere, encore moins à  mon pere. L’Asie c’est pas la porte à côté. Le jeudi 1er septembre nous partions donc en soirée vers l’aéroport de Hanoï. Deux semaines, intenses mais si appreciées avec mes deux parents adorés. Les yeux dans l’eau, ce fut dur mais en même temps réconfortant de les voir repartir vers la maison. Maman, papa, je vous aime! Tam Biet!

Jo directement d’Asie

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Les retrouvailles vietnamiennes

Aéroport de Buenos Aires, 15 septembre. Enfin. Nos baggages sont enregsitrés, il manque quelques lettres à mon nom sur mon billet d’avion….ce qui ne semble pas avoir affolé personne au comptoir de Qantas Airline. Ils l’ont bien vue que mon nom a 28 lettres et qu’il est trop long pour les champs disponnibles. C’est de l’histoire ancienne déjà. Ce qui importe, c’est que dans moins de 32 heures, je vais revoir mes parents adorés après onze mois d’absence. J’ai hâte, vraiment hâte. Lorsqu’on est loin, longtemps, on retrouve goût à tout ce qu’on était trop habitué d’avoir à nos côtés dans notre quotidien. On réfléchit et on repense à tout ce qu’on a, à tous ceux que l’on peut perdre et on a soudain cette envie de passer du temps avec les êtres qui nous sont chers. Mes parents aussi allaient faire un grand voyage jusqu’au Vietnam pour me revoir et passer du temps avec nous. L’idée que nous revenions au printemps prochain avait créé ce projet et ma mère se mourrait d’envie de retourner en Asie. Son dernier voyage en Chine et en Russie lui avait laissé des souvenirs incroyables et une soif de l’orient et de ses mystères. Pour nous, l’Asie signifiait aussi le changement, un nouveau défi.

Nous devions donc passer par Sydney et Hong Kong pour finalement attérir à Hanoï, au Vietnam, où mes parents allaient nous accueillir. Qantas Airline : la grande classe. Un beau sept heures de vol dans un avion comfortable,  avec d’excellents films et un service de repas intense. Il n’y a pas eu une demi heure sans repas (dans le genre de saumon au beurre, aneth et citron), service de breuvage, crème glacée Häagen-Dazs, chocolats, etc. À  l’aéroport de Sydney, les bouteilles de Gatorade coutent 5$CAD… on a bien fait de ne pas visiter le pays des kangourous … cela aurait été la faillite immédiate et le retour de force au Canada après trois semaines! Cathay Pacific jusqu’en Chine… on s’en serait passé: sièges en carton qui ne s’inclinent pas, toilettes miniatures. Onze heures de torture.  Et là, on arrive dans l’entre du géant. L’aéroport de Hong Kong c’est tout simplement incroyable. Tu regardes le tableau des vols, il y en a une centaine d’affichés et le tient n’y figure pas ecore, car ils n’affichent que les 45 prochaines minutes!!! On en a donc profité pour dormir et regarder les avions décoller (et ce à toutes les 4 minutes). Dernier vol, Vietnam Airline. Deux heures et on y était.

Il fait chaud à Hanoï. Mes parents ne sont pas au rendez-vous, mais notre hôtel a envoyé quelque’un nous chercher. En deux temps trois mouvements, je sors mes sandales, je monte mes leggings et j’enlève mon chandail…Je vous rappelle que deux jours plus tôt on était en plein hiver à Buenos Aires. Encore 45 minutes. De nouveaux paysages défilent sous nos yeux. Il y a des gens dans les champs portant les fameux chapeaux côniques en paille. D’énormes buffles pateaugent dans les rizières. Les maisons, toutes construitent en hauteur et en profondeur, ont des belles frises bordant leur toit. En arrivant dans le centre de Hanoï, on découvre le traffic vietnamien sous son plus bel angle. Des centaines de scooters s’entrecroisent aux intersections à cinq voies. À  première vue, pour n’importe quel étranger ça semble un vrai bordel. Mais après une journée ou deux, on se rend compte qu’ils conduisent tous doucement, qu’ils ont des yeux tout le tour de la tête et qu’ils sont très vigilants. Ils ne conduisent pas chacun pour soit mais tous ensembles. La règle d’or : ne pas hésiter. L’auto arrête devant notre hôtel en plein vieux Hanoï, je vois ma mère à la réception. J’ai le coeur qui se serre. Je cours dans ses bras. En gros, c’était bien émouvant tout ca! Et là, c’est mon papa adoré qui descend les escaliers tout doucement. Toujours le même. Farceur insatiable. Les employés de l’hôtel l’ont dé surnommé Buddha et lui caressent le ventre pour la chance. Il y a quelquechose de très étrange dans la scène. La notion de proximité avec les autres est très différente ici. Les Vietnamiens sont très tactiles, serrent la main, tappent dans le dos, ce qui est TRES différent de l’Amérique latine. Nous passâmes donc les premiers jours à l’hôtel histoire de parler, leur montrer nos derniers bijoux, souvenirs des derniers pays, de s’accoûtumer à la chaleur suffocante de la ville et goûter les plats typiques dans les restaurants du cartier.

Pour moi et Jean-Simon, ça va. Tout est différent, on aime ça! Pour ma mère aussi, mis à part les traverse de rue qui parraissent toujours un peu effrayantes. On y va doucement, ça va. Mon père, lui, le petit « hic » c’est la nourriture servie le matin à l’hôtel. Nouilles frites au poulet, sauté d’épinards et ail, tofu frit, oeufs frits, white rose (raviolis de riz aux crevettes)… il y a des fruits, des toasts et de la marmelade, mais tout ça lui coupe un peu l’appétit. Où est de beurre d’arachide!?!

On réserve donc notre premier petit tour : la baie de Halong, un incontournable. Pour pas trop cher, on a une croisière de deux nuits-trois jours dans la baie. C’est parti mon « kiki » on prend un mini bus pour trois heures direction le port de Halong. Est-ce que je vous avais dit pour la chaleur…il fait encore ce beau 36 degrés humide et collant qui rend le trajet assez difficile pour mon papa, qui se sent mal en cours de route. Ça va passer, c’est ce qu’on se dit tous.

Malheureusement, les choses vont se gâter pour lui dans les jours suivants. Vous comprendrez que je n’entrerai pas dans les détails :  question de discrétion pour mon père, nous et la famille. Cependant, que tous soient rassurés, car aujourdhui je vous écris cette chronique près de trois semaines après leur retour au Canada et je vous assure que mon père va beaucoup mieu. Il a retrouvé toutes ces capacités et il est toujours aussi « mal-comode » qu’avant. Papa, malgré tout ce qui s’est passé durant vos vacances au Vietnam, je tiens à te dire que j’ai adoré mes deux semaines avec toi et maman! Seulement d’avoir pu vous revoir nous a fait chaud au coeur à moi et Jean-Simon. Ce fût inoubliable…on peut le dire! On recommence quand?

Notre bateau s’appellait « the Imperial ». Un gros navire en bois, de belles chambres, une grande salle à manger et une belle terrasse sur le toit pour les bains de soleil. Mon père alla s’étendre à l’air conditionné pendant que nous prenions place à table. Une assiette, deux, trois, quatre…cinq….six…ça n’en finissait plus. On était trois et on en avait pour dix. Crevettes grillées, des salades, du choux sauté, du riz, des nouilles sautées, du tofu frit, des arachides (ils manquaient d’imagination pour nous pauvres végétariens), des ananas, du porc aigre-doux, des brochettes de poulet au sathay, une omelette, etc. On n’allait vraiment pas mourrir de faim. Quelques heures de croisière et nous arrivions à notre première visite : the Amazing cave. « Amazing » c’est vrai, elle était énorme la grotte et la myriade de stalactites et de stalagmites était à couper le souffle.  À notre sortie nous attendait une petite heure de kayak. Dans la baie où nous étions, il y avait un de ces villages flottant, tipyque de la baie. Les gens vivents sur ces petits pontons de bois, dans des cabanes minuscules, avec les enfants et même leurs chiens. Impressionnant…étrange. On comprend qu’ils y vivent de la pêche et aujourd’hui du tourisme mais quel drôle d’endroit pour grandir et y avoir des enfants…Il y a vraiment de tout dans ce monde!

Et là, c’est l’état de l’eau qui nous préoccupe. Une couche opaque de couleur pâle flotte sur le dessus de l’eau…les 40 navires  de toursites sont stationnés aux alentours, les bateaux de pêcheurs aux motteurs d’avant-guerre fument de toute part et le village de 60 personnes suit son train-train quotidien. Le Vietnam, avec son récent passé de guerre, sa toute nouvelle entrée dans le marché internationnal et son nouveau rang de choix dans l’industrie du toursime court directement à sa perte. C’est un pays magnifique, un peuple acceuillant et généreux qui mérite d’être connu, mais, d’ici dix ans, ils auront des problèmes de pollution énormes. Si on calcul le nombre de bateaux qui chaque jour parcourent la baie de Halong et que l’on pense à tous les rejets qui vont directement dans les eaux, le gaz des moteurs et qu’on y ajoute les villages flottants et leurs lessives, leurs toilettes…ouf. La situation n’ira pas en s’améliorant, c’est évidant.

Trève de réalisme (ironique…on ne devrais jamais cessez d’en faire preuve). Notre journée se termina avec encore trop de nourriture pour la quantité de passagers que nous étions. Ce qui est encore plus ridicule dans tout ça c’est que l’équipage du bateau ne mange même pas les restes. Ils les jettent. Payés moins de 100$ par mois, avec deux jours de congé, les employés de la croisière doivent payer pour le riz et la soupe qu’ils ont en guise de repas. Alors avec nos douze plats et nos belles grosses crevettes roses qui nous fixent de leurs grands yeux noirs, on s’empiffre jusqu’à ne plus pouvoir respirer question de ne rien gaspiller. On leur a dit pourtant à la sixième assiette qu’on ne voulait rien d’autre….ils n’écoutent pas.

Le lendemain, nous changions de bateau pour continuer plus loin dans la baie vers l’île de Cat Ba. Mon père ne mangeait plus depuis la veille, prit de nausées, à peine pouvait-il boire sans avoir le goût de rejetter. Il resta sur le petit bateau avec ma mère pendant que nous partions dans le parc national faire du vélo jusu’au village de la réserve. Une belle petite randonnée pour arriver dans une charmante vallée. Un village coquet nous accueillit, le temps d’un thé glaçé on était repartit. Vraiment magique comme endroit : les gens, la végétation, les paysages, on y serait bien restés. Nous avions encore une petite heure de bateau jusqu’à la petite île déserte où nous allions passer notre deuxième nuit. Mon père n’avait qu’une idée en tête : se baigner. Ce que nous avons fait. Bien que rafraichissant, cela lui demanda beaucoup et à son retour sur la berge les nausées reprirent le laissant faible, tremblant et épuisé. Au moins, nous avions un beau bungalow sur pilotis avec air-climatisé…à partir de neuf heures du soir… Un beau buffet nous attendait. Pour une fois, il y en avait juste assez pour tous.

Le matin suivant c’était le retour à Halong, puis à Hanoï, d’un coup depuis l’île vers le port. Mon père ne tenait plus debout, il était déshydraté au plus haut point, les changements de bateaux parraissaient de plus en plus démesurés pour son état, notre groupe s’inquiétait, nous aussi. Tous voulaient faire quelquechose, mais nous n’avions pas d’autre choix que d’attendre d’être de retour à Hanoï. L’équipage aussi était aux petits soins, mais mon père avait besoin d’être hosiptalisé le plus vite possible. Enfin, vers les cinq heures du soir nous arrivâmes à l’hôtel. Les employés comprirent  rapidement que quelquechose n’allait pas. Un taxi nous amena directement à la clinique privée S.O.S international. Il était finalement entre bonnes mains…

Jo, qui espère

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Ciao America!

Buenos Aires… ça commence à être loin dans ma tête. Étant donné que Jean-Simon est “amygdalifié” et incapable d’écrire, que je viens de passer sept heures sur les chroniques du Vietnam (pas d’accent sur les claviers + word 2003), qu’il fait chaud en “titi” et que vous êtes tous sûrement impatients de voir les nouvelles photos et de lire nos péripéties en Asie: je n’irai pas dans les détails.

On a eu deux semaines en Argentine et c’est dans la capitale qu’on les a passées. On a dû traverser les frontières glacées du Chili et après un bon trente-cinq heures d’autobus on est finalement arrivés à B.A, crevés. On avait dans la dernière semaine et demie traversé quatre frontières, dont celle de la Bolivie deux fois. On avait fait beaucoup de route alors le repos était de mise. Nous avions de toute façon besoin de faire faire notre visa pour le Vietnam là-bas, seule embassade ou presque de l’Amérique du Sud. Notre dernière nuit au Chili nous avait laissé un goût amer (une histoire que peut-être un jour nous vous raconterons)… On se cherchait donc pour quinze jours quelque chose de bien et de pas trop couteux…quarante dollars c’est dans les prix standard d’un “hostel de backpackers” pour une chambre privée, salle de bain à part…moins cher qu’au Chili, mais quand même! ça valait la peine. Une grande chambre avec un calorifère, une salle de bain avec un bain, un robinet avec de l’eau chaude potable, une cuisine, un grand salon, un plus petit, une terrasse et des colocs très sympas (caractères gras: qu’il est bon de se sentir comme à la maison!).

À notre arrivée, on se fait passer un faut billet de cinquante pesos…GRACIASSSSSSSS. J-S a poursuivi le chauffeur de taxi dans la rue, le dernier passa sur la lumière rouge pour le semer. Qu’importe, douze dollars…Jean-simon se trouva un acupuncteur pour quelques séances dans un cartier plus chic, où nous avons fait nos premières vraies emplettes: des produits fins, une bénédiction! Fromage bleu et chèvre aux fines herbes, saumon fumé, câpres, olives marinées, pâtes fraîches, sauce béchamel, pesto maison, humus tahini, parmesan frais, chocolat noir… On s’est gâter mes amis! J’allais faire mes tours réguliers au parc à chien, voir les promeneurs et leurs meûtes s’y amuser quotidiennement. Nous allâmes quelques fois au cartier chinois pour les plaisirs des épiceries asiatiques et de leurs produits intriguants (seulement écrit en coréen). Buenos Aires franchement c’est bien. C’était l’hiver, un genre d’automne chaleureux avec quelques jours de pluie, mais rien de déprimant… mis à part l’épisode des grêlons de sept centimètres de diamètre: “Caen PIEDRAS en la capital federal” (Il tombe des pierres dans la capitale) ils disaient à la télé! Bien sur c’est la ville, c’est du béton mais c’est beau. Il y a plusieurs parcs bien aménagés, et chaque cartier a son marché aux puces la fin de semaine. Et pas nimporte quel marché aux puces: artistes et artisans y viennent vendre des trucs géniaux. L’Argentine c’est le pays au “top” de l’art en Amérique du Sud. On y trouve de tout: bijoux, peinture, sculpture, musique, théâtre, cinéma. Ça bouge, c’est électrisant de voir tout ce flot créatif. Dans notre cartier, San Telmo, ce sont les antiquaires qui le dimanche prenaient la place principale pour vendre un tas de vieux trucs trippants. Comme ville, c’est parfait.

Notre attraction favorite: le zoo. Un vieux complexe érigé dans les années 1800 en pleine ville qui vaut le détour. Bien sur, c’est un zoo et les animaux ont l’air triste…comme dans tous les zoo, mais il y a de tout: des félins, des oiseaux, des primates, des girafes et autres gros mamifères africains. Il n’y manque pas grand chose du règne animal. Quatre dollars l’entrée, on l’a visité deux fois! Il y a en prime en liberté des lièvres de patagonie, des paons et des rats musqués que l’on peut nourrir. C’est qui qui s’est acheté le sceau de croquettes pour aniamaux? Bibi!  En gros, nos deux semaines se sont bien passées. On commençait par contre à trouver le temps long vers la fin. Pas grave: mes amis d’Expedia.ca m’ont donné un passe temps avec lequel m’amuser…ça s’appelle “Perdre son temps et son argent avec les “softwares” des compagnies aériennes”. Merci encore Expedia.ca pour ces nuits blanches à attendre vos appels en français marocain-médio-hindou incompréhensibles et de m’avoir fait perdre près de cent dollars en appels longues distances…tout ça: pour quatre lettres de mon nom et des softwares incompatibles. Les joies du grand monde d’aujourd’hui!

Une seule chose comptait: notre arrivée en Asie et la rencontre avec mes parents!

Jo, qui s’ennuiera de parler l’espagnol…

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Épopée bolivienne

Tôt le matin nous attendons le transport qui nous amènera à la frontière de la Bolivie d’où commencera cette épopée.  La douane chilienne se situe à quelques cent kilomètres du tas de pierre que sont les douanes Boliviennes. Ce grand vide entre les deux est magnifique : de grandes étendues de sable surplombées de volcans enneigés.  On retrouve avec mélancolie une vielle amie, la neige. Le vent est glacial mais rafraichie le corps tout entier!

Une fois arrivé à la frontière, une surprise nous attendait. Un renard roux! Si vous saviez combien d’heures j’ai passé au Québec pour essayer de m’approcher de cet animal farouche. Vous comprendrez mon enthousiasme. Je sortis rapidement de l’auto pour me diriger vers cet animal plutôt sauvage. Les passages frontaliers sont fréquents ici et la plupart des groupes s’y arrête pour y prendre le déjeuner! Voilà pourquoi le renard et sa femelle ne sont jamais bien loin.

Nous changeons ensuite de transport pour embarquer dans un Jeep. La route est plutôt enneigée et inexistante. Nous entrons dans un monde où la nature est vierge, des montagnes à perte de vue sans aucune trace de l’homme!  Nous apercevons après quelques minutes le lac blanc. Bien sûr, nous sommes en plein hiver et le lac est congelé, ce qui le rend vraiment tout blanc. Heureusement le lac suivant est d’un vert émeraude!

Quelques heures de plus et nous étions à la source d’eau chaude, un immense lac où certaines parties sont réchauffées par l’activité volcanique. Certains braves se sont baignés en maillot avec ce froid d’au moins -15c· plus le facteur vent.  Ici encore, le paysage est un des plus beaux au monde. À plus de 4800 mètres le froid est sec et le vent coupe, mais de la vapeur émane de ces eaux cristallines. La diversité des couleurs et des formes inspirent  de nombreux tableau. Nous amorçons  le dîner à ce même endroit. Notre guide, Thomas, prépare à manger; une purée de patate trop salée, des concombres et tomates en crudités et des saucisses bien normales en sashimi quelque peu grillées à l’extérieur. Un mets parfait pour les deux végétariens que nous sommes. La survie, c’est la survie!

Déjà, cette journée commençait à être remplie, mais rien de moins que les geysers  boueux et sulfureux du Sol de mañana qui se situaient un peu plus haut. L’odeur de cette fumée me rappela cette du volcan Telica au Nicaragua. Après quelques secondes, un mal de poumon s’installe. Les couleurs du souffre sur le sol tramaient des vers de poésie. Des bulles d’argile éclataient rendant le sol vivant. Nous étions sur une autre planète encore. C’est déroutant d’imaginer ces lieux froids et enneigés au moment de leur formation où des volcans et des rivières de laves circulaient librement sous un ciel gris de cendres où rien n’était encore vivant. J’aime un peu mieux ces petites explosions de boue! Du moins ces paysages et phénomènes naturels ne font que laisser des questions sans réponses et une fascination sans cesse grandissante sur ce qui nous entour.

Continuant sur notre route à 5000 mètre d’altitude, nous passons sans cesse par des ambiances différentes. Rapidement la nuit tomba, suite à un grandiose couché de soleil avec de douces couleurs : nous étions rendu dans notre hôtel de boue séchée dans une petite communauté des montagnes. Nous avons eu droit lors du souper a un spectacle mettant en scène les quatre enfants du village qui bien sûre demandaient de l’argent à la fin pour acheter de meilleurs instruments. Tout de même c’était divertissant.

 Le matin, je me suis levé pour tenter de prendre en photos les oies qui résident dans les petits ruisseaux des plaines avoisinantes. Il fait froid et tout est glacé, l’herbe et l’eau sont immobiles! Jusqu’à ce que le soleil les caresses de sa chaleur plutôt forte et redonne vie à ces lieux.

Nous repartions pour notre deuxième jour, même routine pour se rendre au lac coloré (Laguna Colorada).  Un immense lac de couleurs rouge sang rempli de flamants roses bordé de montagnes enneigées. De quoi dérouter n’importe qui qui pense être sur la planète terre. Des centaines d’ossements de flamant rose sont déposés sur les rives du lac calcifié par le sel.

Nous passâmes ensuite au cimetière des monolithes. Le soleil était notre seul réconfort dans le vent glacial de la matinée. Les viscaches de montagnes (lièvre des montagnes apparenté au Chinchilla) se laissaient découvrir à travers les énormes pierres du lieu.

Pour l’heure du dîner nous étions arrêtés au milieu du désert dans un village de terre abandonné. Des lamas arpentaient les lieux à une bonne distance de nous. En cherchant des pierres sur le sol, j’ai trouvé une pointe de flèche en obsidienne et puis quelque pas plus loin trois autres!  Quelqu’un peut me dire qu’elles sont les probabilités de trouver une pointe de flèche dans un désert ?

Sérieux!

Un bon repas et puis nous partions pour des grottes de sels. Les formations du sel sont étranges et on retrouve des fossiles de coraux parmi les stalactites. Qui avait-il ici avant?

Nous maintenant près des limites du Salar de Uyuni. C’est une immense étendue de sel  ayant une superficie de 12 500 km2.  Ce phénomène est  vieux de 40 000 ans, lorsqu’il y avait une étendue d’eau salée faisant partie intégrante du Lago Minchin (un lac salé géant). Avec le temps, ce dernier s’est asséché  ce qui créa les deux déserts de sel et les deux lacs encore visibles. Dernièrement, ils ont retrouvé un fossile d’un flamant rose datant de l’époque préhistorique.

Pour la soirée nous dormirons dans un hôtel construit de blocs de sel, ce qui était tout à fait magnifique. Si nous n’avions pas des saisons aussi rudes au Québec, les briques de sels seraient une option esthétiquement  intéressante. Avant le coucher du soleil, j’ai gravi la montage derrière l’hôtel. Des gigantesques cactus y poussent et des roches volcaniques mélangées à des coraux se morfondent créant des cavernes. Une d’entre elle était plutôt étrange et des traces de vie étaient évidentes. Une d’entre elle me plongea dans un trou miniature qui donnait sur une grande pièce où des pierres avaient été placée pour la vie commune.  Revenu à l’hôtel, j’interrogeai notre guide qui ne semblait jamais avoir vue  cette grotte, mais qui  m’expliqua que c’était surement une maison de pêcheur dans le temps où cet endroit était lac. Donc, de l’époque préhistorique! Où sont les archéologues ?

Le jour suivant l’aventure du Salar commençais. Le jeep roulait à une vitesse folle sur un plat étonnamment blanc à perte de vue. Parfois, des couches d’eau recouvraient le sol de sel ce qui créait un miroir parfait avec les paysages et mirages lointains. Depuis le début de ce voyage, cet endroit était pour moi un inévitable : on dirait réellement que l’on est mort et que l’endroit est dénudé de tout vie ou caractéristiques proche à la vie sur terre.

On arrive après un long moment à une île en plein milieu de ce rien de sel. Des immenses cactus de plus de 900 ans y vivent et les anciennes formations coralliennes sont impressionnantes. Les plages qui bordent l’île semblent figées dans le temps, laissant des traces blanches où des fantômes de vagues continuent de se fracasser.

Par la suite, plus loin j’eu la chance de trouver dans de petits trous d’eau glacial de magnifiques et impressionnants cristaux de sel carrés. Certain de ces trou d’eau sont extrêmement profond. L’épaisseur de la couche de sel est de huit centimètres à huit mètres de profondeur. Et il y a énormément d’eau sous cette couche. Ce n’est pas rien.

 Aujourd’hui la plupart des exportations de sel du monde proviennent de déserts comme celui-ci, qui vient tout juste d’être vendu à la compagnie TOYOTA pour la modique somme de 30 millions de dollars. Le gouvernement bolivien à fait une des pires décisions de l’histoire mondiale d’un point de vue économique en vendant ce parc national pour la ressource de lithium qu’il contient (pour ce prix ridicule).

Encore, des gens ramassent le sel avec des pelles, un travail plutôt exigeant et mal payé.

De Uyuni (la ville médiocre) nous sommes repartie la journée même pour le chili; trajet qui nous prendra deux jours sans arrêt dans les mêmes montagnes que nous venions de franchir.

Nous sommes maintenant aux porte de l’Argentine et vers la fin de notre voyage en Amérique.

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Chili express

Quitter Cusco ne fut pas sans pincement au cœur. Après quasiment deux mois au Pérou on s’attache à l’endroit, aux amis, aux petits coins de paradis qu’on a découvert, au rythme de vie tranquille qu’on y a eut. C’est donc le 21 juillet dernier que, de la fenêtre du taxi, nous disions au revoir à nos merveilleux colocs. Les larmes aux yeux je regardais défiler les rues, les commerces, les gens… notre bus partait pour Arica, première ville sur la côte chilienne après les frontières; un beau 18 heures de route. En soirée, l’autobus s’arrêta à Juliaca, qui était plongée dans une obscurité inhospitalière. Dans les dernières semaines se sont déroulé là-bas les affrontements entre la population et les militaires. Le conflit du lac Titicaca et de ses ouvriers nous avait mené à changer nos plans et à laisser tomber notre passage par la Bolivie. Ce soir-là par contre, le manque d’électricité n’avait pas été causé par le conflit, mais plutôt par les vents violents qui surviennent souvent sur ces hauts plateaux emportant les pylônes avec eux. Un chien défiguré par un  problème de peau attendait en silence aux portes du petit restaurant. Je lui volai un reste de carcasse de poulet qu’il engloutit sans même le toucher de ses dents. Depuis dix mois maintenant, je pratique ce passe-temps : Robin des bois canin. C’est plus fort que moi.

Ce voyage d’autobus ne fut pas dans les plus agréables : le chauffage dans le « piton », aucun film de tout le trajet, la toilette barrée jusqu’en pleine nuit. La tension dans le bus se ressentait. On sentait l’arnaque. En arrivant aux frontières on descend du bus pour la deuxième partie de notre trajet. La compagnie avait payé un chauffeur de taxi pour nous amener de l’autre côté des douanes à Arica. On a toujours ce petit sentiment que quelque chose ne tournera pas rond lorsqu’on voyage en Amérique centrale et du Sud. Ce petit doute qui nous ronge et qui nous fait nous méfier de tous les vendeurs de billets de bus, de tous les chauffeurs de taxi, un sentiment désagréable qui finalement ne s’avère pas exact dans la plupart des cas. On attend, avec notre cargo de bagage (car vivre au Pérou nous à ajouter deux valises à notre actif), c’est long et les douanes, pour la première fois du voyage ont l’air assez strictes, de retour dans le monde moderne! Jean-Simon : Jo, regarde le chien douanier, il est en feu! Effectivement le chien parcours à une vitesse folle la file et renifle tout sur son passage. Oh! Il a la patte sur mon sac et regarde son maître. Le doute s’installe… Quelqu’un a-t’ il mit de la drogue dans mon sac à mon insu? Mais non! On est tellement habitués de voir des douanes où il serait facile de passer n’importe quoi que j’avais oublié que certains produits alimentaires sont sujets au control frontalier. Mes raisins secs, mon pollen d’abeille, mes lentilles, mes petites bananes : Ciao! Quel gaspille!

Arica, c’est pas mal moins beau que sur la photo que j’avais vue! Un genre de Miami en hiver, pauvre et sale,  en plein désert,  avec des palmiers mal entretenus peuplés d’une colonie de Cormorans bruyants…bref un drôle d’endroit. Un groupe de rock joue dans la rue devant le MC Donald, l’air est de printemps et les boutiques sont remplies de ce genre de trucs bon marché venant de Chine que l’on vend au marché Jean-Talon. On a bien fait de ne pas planifier resté ici plus qu’une journée! Le lendemain, on avait un autre bus, en soirée pour San Pedro de Atacama, un endroit très populaire au Chili, pour ces montagnes, ces déserts de sel et sa proximité avec la Bolivie et le fameux Salar de Uyuni. Comme on n’avait pas eu de temps pour la Bolivie, on allait du moins essayer de faire ce tour en jeep dont tout e monde nous a vanté les mérites. Déboussolés, affamés, ont parcours les rues en matinée. Rien ne nous dit, les restaurants offrent des grillades, de la pizza, des patates frites…On tente le diable et on entre chez Ronald. Au moins, ce n’est pas aussi gras qu’ailleurs. Comme à chaque fois : plus jamais! Rien de pire qu’un cheeseburger froid, sans pickles en plus! Ici ils n’ont pas le MC Poisson, les salades, quel dommage. On continue notre route sur le bord de l’eau, au moins il y a la mer. L’horizon est sans fin, le soleil plombe sur les eaux brillantes. Les pélicans et les fous blancs survolent les environs. Et c’est là que commença la grande aventure de la journée. Un couple, du moins parait-il, s’approche de moi et me demandent une photo d’eux avec le paysage. On parle un peu. Marco est du Brésil, en voyage, et Sofia est du Chili, d’ici même Arica. Jean-Simon cherche les étoiles de mer un peu plus loin et je continue à photographier les oiseaux.

Sofia reviens et nous propose un tour à Punta Anzota où se trouvent des grottes ayant abrités les peuplades de la côte, les Chincheros, il y a de cela huit mile ans. Pourquoi pas!

Par la même occasion, la mère de Sofia nous offre de faire un tour au port, au centre de colibris de la vallée, au rodéo…Il est une heure de l’après-midi et on a du pain sur la planche. N’empêche que sans cette rencontre nous n’aurions rien vu du coin. Les grottes d’origines volcaniques étaient magnifiques.  La mer se fracassant à leur pieds, ces formations naturelles sont impressionnantes et assez grandes pour accueillir une ville entière en ces entrailles. Sur les parois des falaises se récolte encore le Guano, excréments des oiseaux marins utilisés depuis des siècles comme fertilisant ce qui causa même certaines guerres dans le passé pour sa valeur marchande. Quelques urubus à tête rouge plus loin, on repart vers l’auto : on a encore un tas de choses à voir.

Des lions de mer, on a vu aux Galápagos, cependant ils n’avaient pas la taille monstrueuse de ceux du port d’Arica. Des géants! Les pêcheurs jettent leur reste par-dessus le mur, les pélicans se ruent, mais les grosses bêtes ne bougent pas. Ils se font griller au soleil. Vraiment impressionnant. Allez, hop! De nouveau dans la voiture on se dirige dans la vallée pour aller voir les fameuses montures chiliennes les Corraleros. Le rodéo consiste bien sûre d’attraper des veaux, d’éviter les taureaux, etc. Cependant, il y a aussi la partie où les cavaliers, vêtus des vêtements traditionnels équestres paradent faisant faire des pas bien spéciaux à leurs chevaux ce qui est un spectacle agréable pour les yeux. Vamos! Encore! Passons au marché et ensuite direction maison de Sofia, où ces voisins tiennent un jardin à colibris, dont la plupart des espèces sont en voie d’extinction du nord du Chili.

Surprise, Sofia a un cheval, son père à des terres et des serres où ils cultivent tomates, piments, concombre et olives. Et c’est une grosse production! Tout est bio! *Rappelez-moi, un peu plus tard de faire une chronique sur le Chili et l’Argentine à propos de leurs problèmes politiques et sociaux (Monsanto, OGM, privatisation, Lithium: l’or blanc du prochain siècle), on en a appris beaucoup et c’est un peu alarmant… De retour à nos légumes, oui. Sofia en fait habite dans un vrai paradis. À travers les oliviers, la lumière de fin de journée pose un voile doré sur tous les petits êtres de la vallée. On passe chez les voisins qui ont depuis plusieurs années construit petit à petit un vrai jardin secret. Parmi les arbres se trouvent plusieurs petits salons, faits de meubles anciens et d’antiquités. Les colibris volent un peu partout. Plus loin le jeune garçon de la famille nous fait visiter le coin bestioles. Il y a des volières à perroquets, un hérisson, des chinchillas, une iguane et j’en passe. Il a même deux tritons géants de rivière. Le chanceux.

On traverse finalement chez Sofia, par les serres. Elle remplit mon sac de belles grosses tomates pour le voyage, vous savez avec cette odeur de jardin si succulente. Marco tient à ce que l’on passe par les arbres de goyaves où l’on s’empiffre de leur fruit savoureux. Les trois magnifiques chiens de Sofia nous rattrapent sur le chemin, nous arrivons finalement à la maison. Reconstruite avec les portes et fenêtres d’un vieil hôtel d’Arica du 17eme siècle, l’ambiance est calme. L’endroit est d’un charme exquis : on n’est pas tombé sur n’importe qu’elle famille! Pas le temps de rester à souper : notre bus est dans une heure, on doit partir. On a droit à un bon jus de goyaves fraîches, on fait une photo de famille pour le souvenir et on retourne au chemin prendre un taxi collectif. Ouf! On revient, pensifs. Quel après-midi rempli. Quel endroit de rêve… ça donne des idées.

Jo, dans les nuages

N.B : Nous avons quitté Arica près de 24 heures après y être arrivés. Un autre trajet de bus nous amena à San Pedro de Atacama d’où nous avons réservé un tour de 4 jours dans le Salar d’Uyuni, coincés dans le temps; nous avions exactement ces 4 jours de libres avant de devoir revenir au même endroit prendre un autobus pour l’Argentine. L’hiver et les récentes neiges ne nous garantissaient pas de pouvoir être de retour à temps pour le bus qui passe deux fois semaines ainsi que de pouvoir traverser les frontière argentines sans encombres…On a tenté notre chance! Le désir de voir le désert de sel d’Uyuni était plus fort que nous.

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Les premiers…où presque!

En pleine nuit, à peine réveillés, nous sommes les premiers à l’entrée du pont. Il nous reste une heure d’attente avant l’ouverture des grilles. D’après nos informateurs, le chemin qui mène au Machu Picchu est d’une durée de 1h30 dans d’apiques escaliers. En moins de vingt minutes, une foule c’était formée autour de nous. L’inquiétude créée par le désordre dans lequel c’était formé la semi-file indienne se faisait sentir. Qui foulera le pont le premier !

C’est donc nous qui mena le troupeau de touriste vers l’entrée du sentier. Mon intention était d’entrer le premier sur le site le jour de ces cent ans! C’est pourquoi j’ai perdu le groupe, suivi d’un vaillant français du nom de François, pour en fait courir les millions de marches en 35 minutes!

Arrivés au sommet, à l’entrée du site, nous eûmes une surprise plutôt décevante. Une cinquantaine de touriste y faisaient déjà la file… Ils avaient tous payé le garde de sécurité pour qu’il les laisse entrer  avant l’heure officielle. Dans une optique aussi honnête, nous prîmes la décision de se placer en tête de peloton.  Quelques mécontents des îles Canari nous ont expliqué qu’ils avaient payé le garde et que de ce fait, ils devaient être avant nous…OUI OUI! Bien sur mon ami!

Après un certain temps, le soleil se leva nous dévoilant l’immense population de touriste espérant entrer dans les  200 premiers qui sont éligibles pour le Huayna Picchu.

Enfin, nous commençons à rentrer sur le site : désert! Tout le monde a déjà vu la photo classique du Machu Picchu, mais sincèrement cette photo représente très mal  le site. L’immensité de la vallée entourant la montagne et les immenses monts enneigés qui la surplombent rendent en effet le site grandiose. Nous commençâmes la visite par le pont inca. Un sentier de 40 minutes nous menant sur des falaises étroites et des paysages époustouflants. Le soleil peint les montagnes blanches d’une couleur dorée en laissant dans l’obscurité les profondeurs de la vallée.

Le pont est en soi une épreuve de construction, il est complètement construit sur les flancs d’une falaise à 90 degrés. L’an dernier, un homme est mort en le traversant, le pont s’est cassé. Il est donc maintenant interdit de s’y approcher… seulement,  la clôture n’est pas assez difficile à traverser, j’ai donc pu me rendre sur le pont le temps d’une photo et hop! Je suis revenu.

 En revenant de ce sentier, nous sommes allés  aux portes du soleil. Un autre sentier d’une quarantaine de minutes lui aussi qui mène  au versant opposé. Depuis notre entrée sur le site, on ne fait que s’éloigner du centre, mais le détour vaut le coup! On y trouve d’autres ruines et même des immenses cavernes que moi et François avons découvertes en s’enfonçant dans la jungle. On y trouva aucun trésor, seulement un fémur paressant celui d’un humain. La porte du soleil donne, selon moi, la plus belle vue du site. Les ruines se voient miniatures est les montagnes immenses.

En traversant les ruines centrales, nous nous sommes rendus à l’entrée du Huayna Picchu (la jeune montagne). Cette cime surplombe le Machu Picchu et possède d’innombrables ruines. L’ascension ressemble à de l’escalade sur des marches : toute chute serait fatale. Au bout d’un certain temps, l’endroit se parsème de colibris, fleures et de touristes, nous sommes au sommet.  On traverse des tunnels pour nains et nous arrivons à d’immenses pierres  qui sont étrangement situé au sommet de cette montagne. C’est à ce moment que Jo entendit : Hey, I got this guy in my friends on facebook, he’s an artist. Elle parlait de moi. C’est fou comme facebook est mondiale! Malheureusement je ne connaissais pas la dite personne.

 Je joue de la flute et on respire l’air pure qui nous entoure. Les touristes et les lézards se font griller sur les pierres chaudes. C’est un moment sacré, un moment inoubliable car cet endroit,  nous l’avons ressenti, est  réellement spécial. L’histoire ne s’entend pas encore pour dire si le Machu Picchu était un site  religieux ou militaire. Cependant, la pratique spirituelle de ce peuple en fait inévitablement un lieu sacré.

On redescend aux ruines centrales et on fait une sieste sur les grandes étendues vertes du site. Au compte, 172 constructions et un système d’aqueduc très perfectionné (prenons en compte qu’il y a, ici, une bonne partie de l’année une saison des pluies et que les glissements de terrain sont communs). Les incas ont placé à quelques mètres sous la terre des tonnes et des tonnes de petites pierres ce qui permettait de garder l’eau et ainsi d’en avoir une source continuelle.

Au bout d’onze heures d’excursion sur le site, nous n’avions pas tout vue et le soleil allait bientôt nous quitter. Il fallut donc partir. C’est en redescendant que j’ai trouvé une belle poterie Inca. Je ne quitte jamais sans mes artefacts!

De retour à Aguas Calientes, nous accourons vers peu importe quel restaurant : nous avons faim! Une bonne bière, des pâtes, des pizzas : un festin de rois devant la partie de soccer de la Copa Americana. Nous devions prendre une décision : revenir par la voie ferré à pied ou prendre le train le lendemain matin…Atteints d’une laryngites et de maux de ventre (qui s’avéreront être une salmonelle) nous décidâmes de laisser tomber la marche de 12 heures pour un retour en train avec notre ami François.

Ce voyage en train est toujours spectaculaire pour les montagnes et la rivière! C’est au retour que les choses se sont corsées pour moi… J’ai dû être hospitalisé à cause de ma salmonelle et de ma laryngite! Trois belles journées clouées aux lits à regarder la télévision et lire. Merci aux assurances qui payent tout!

Ce n’est pas tout, sortit de l’hôpital, je ressens une douleur forte au bras.  Je retourne donc à ma deuxième maison où je fais des tests pour apprendre finalement que  je fais une thrombose veineuse superficiel qui a causé une infection de ma peau et de mon bras!!!!!!!!!!!!! HOURRAAAAAA!!!! Maintenant le tout est réglé, et nous sommes à un jour de notre départ pour le chili! Nous quittons le Pérou et nos amis avec qui nous vivons depuis près de deux mois… Oui, nous avons un petit pincement au cœur!

Jack, Marianne, Shane, Sylvia! Merci à vous! Nous ne vous oublierons jamais!

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Merci centenaire!

Mercredi, 8h50 du matin, le train est en retard. On parle alors avec un homme dans la file qui nous annonce qu’il grimpe au Machu Picchu cet après-midi même car demain le site ne sera pas ouvert aux touristes. Moi et Jean-Simon on se
regarde : «  décidément on l’a pas pantoute ces
jours-ci! ». Trop tard nos billets sont achetés, on verra ce qui se passe
à Aguas Calientes. Le trajet de train est sympathique. On paie en fait un
dollars le kilomètre, ce qui fait un peu cher. Mais bon, pour compenser, ils
nous offrent quelques bretzels et des petits chocolats au maïs dont je ne
raffole pas vraiment. À la gare, on sent déjà la pression. Aguas Calientes
n’existe que pour les touristes. Le marché se trouve directement à la sortie du
train. Il est incroyable de voir  tous ces mêmes articles vendus à Cusco pour le quart du prix. La boite de «Pringles » vaut 25 soles (soit presque 10$CAD). L’eau en bouteille vaut la peau des fesses et une dame vend un cristal de quartz à Jean-Simon pour trente
dollars américain : du vol. Trouvons-nous un hôtel au plus vite et sortons
de la ville!

On part alors investiguer au bout de la ville pour notre retour à pieds tant espérer. Les
rails de chemins de fer suivent la rivière jusqu’à Ollantaytambo. Il y a des
militaires plus loin, pourquoi? Ils seront peut être un problème le matin du
départ. On continue notre chemin jusqu’à eux, curieux. Il y a une piste
d’atterrissage en pierre pour hélicoptère. Le président péruvien va atterrir
dans les prochain 24 heures. Pas de problème, tout sera terminé le vendredi. On
descend alors vers le rivage prendre du soleil. Jean-Simon se tapi dans les roches
prenant des clichés d’un canard plongeur qui chasse dans les eaux. Il n’a pas
fallu plus d’une heure, que déjà le président atterrissait à quelques mètres de
nous. Une fois atterrit, le président accompagné de ses gardes et de ses
soldats, se déguisent en travailleurs de chemins de fer. Incognitos, ils
embarquent tous sur un petit wagon jaune, direction le plus gros hôtel de la
ville. Belle mascarade! Allons-nous pouvoir visiter le site dans les deux
prochains jours? L’homme travaillant à la billetterie du Machu Picchu n’est pas
certain. Pour vendredi peut être allaient- ils ouvrir le site de nouveau. On
était pris à Aguas Calientes, au moins on avait plusieurs jours devant nous au
cas où.

Le jour du centenaire, je déjeunais sur notre
patio au soleil. Méditant doucement, je demande à la terre de m’apporter une
meilleure connexion avec la nature et les êtres vivants. Un souhait que je
garde en tête commençant ma marche le long de la rivière. Je visite un centre
de recherche sur les papillons de la vallée et je me redirige vers la ville tranquillement.
C’est une belle journée et un endroit superbe. Soudainement, apparaissant du
sous-bois, une jeune chienne noir et blanche s’approche en pleurant. Elle est
énorme! Elle me regarde et se colle à moi en chignant. « Mon dieu tu va
avoir des bébés toi! ». Je ne sais que faire. Elle se met alors à marcher
vers le boisé et s’arrête en me fixant. « Tu veux que je vienne avec toi?
Ok. » Elle s’était trouver un endroit bien caché des regards, dans une
petite grotte sous un énorme rocher. Elle va s’y coucher et reste là en pleines
contractions. Elle pleure et tremble, ne semblant pas savoir ce qui se passe
exactement. Je cours à Aguas Calientes lui acheter quelques boites de thon (la
moulée pour chien étant introuvable), du pain et des œufs. Je laisse une note à
Jean-Simon et retourne auprès d’elle. Elle n’a pas bougé et elle est affamée. J’attends,
couchée sous la paroi de la roche la caressant du bout des doigts. Jean-Simonpar hasard passait par là et viens m’accompagner jusqu’en fin d’après midi. Toujours pas de chiots. Je la laisse donc avec une canne de thon. On repassera demain tôt avant d’aller monter le Machu Picchu.

Tôt ça veut dire 3h00 en pleine nuit. La porte de l’entrée principale ouvre à 4h50 pour les gens qui veulent arriver les premiers à pieds. Nous serons les premiers! En chemin, on croise des gens qui repartent en groupe du camping municipal. On coupe vers la gauche et descends le petit sentier qui mène à la rivière. On appelle la
chienne pour lui annoncer notre arrivée. Et là, on les entend! Des jappements
de nouveaux nés s’échappent du refuge de pierre. Ils sont tout frais lavés :
maman a bien fait son travail. Dix chiots, bruns, blancs et noirs se battent
pour le lait. Un petit corps mort gît sur le côté, c’est le onzième. Elle vient
dévorer la dernière canne de thon à l’entrée et retourne rapidement aux côtés de
ses rejetons. Je suis émue, comblée. Il n’y a rien de plus beau que cette force
de vivre dans de si petits êtres. Le sourire aux lèvres, nous reprenons le
chemin. Le froid, la faim et l’homme sont des ennemis pour la nouvelle famille.
Espérons qu’ils survivront.

Jo et son instinct maternel

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